Les relevés de registres notariaux
Certains, en regardant ou en copiant ces relevés de registre de notaires
sur fichiers Excel, ne peuvent se rendre compte du travail énorme qu’il
a fallu à l’auteur de ces relevés pour arriver à
les effectuer correctement.
D’abord il y a les relevés de BMS. Ils sont relativement faciles
à lire et à la portée de tous sur les registres communaux
d’après la révolution, un peu plus dur sur les registres
paroissiaux selon l’écriture du curé.
Pour informatiser ces actes il faut bien sûr du temps, mais en général
les actes sont courts. Les releveurs, ne mentionnant bien souvent que les
dates, les filiations, les professions, les noms de métiers, et le
nom des paroisses, peuvent aller assez rapidement, il suffit d’avoir
le temps nécessaire.
Ces relevés sont devenus moins importants de nos jours, dans la mesure
où tous les départements mettent peu à peu leurs Archives
en ligne.
Pour les relevés des minutes notariales, c’est une autre histoire.
Indispensables pour des généalogies protestantes, elles arrivent
à remplacer les livres paroissiaux, pour peu que les notaires du début
du 16° sachent ou plutôt veuillent bien écrire lisiblement.
Je ne dirai rien sur les registres d’avant 1550, écrits en latin,
pour moi ils ne sont pas intéressants car ne concernant que la belle
société. Hélas au moins la moitié de ces registres
ont disparu.
Bref, pour les enregistrer, il faut souvent lire plusieurs pages.
Les Contrats de mariages : d’abord
comme tout acte lire la nature de l’acte en haut à droite, parfois
avec un nom de lieu mais jamais une filiation complète. Ensuite, après
la date et l’invocation au roi de France, suit le nom du fiancé,
ses parents, sa profession , le nom de lieu exact (parfois il arrive que le
nom du mari soit sans filiation, deuxième mariage) puis le nom de la
fiancée de ses parents, etc…, est mentionné aussi le nom
du feu premier mari.
Après plusieurs lignes est mentionné « du bon avis et
conseil de un tel et un tel ». Et là on trouve parfois le nom
de frères, d’oncles et cousins. Suit parfois le lieu religieux
où est consacré l’acte « église de dieu »
pour les protestants, en face « d’église » pour les
catholiques, souvent écrit « église catholique apostolique
et romaine ». Puis vient la dot et les conditions de cette dotation.
Enfin juste avant les signatures se trouve parfois la mention d’un père,
d’une mère ou d’un parent non mentionné avant.
Les testaments : Là c’est encore plus
compliqué ; Après la nature de l’acte, la date, l’invocation
au Roi se trouve le nom du testeur, sa profession, si c’est une femme
le nom de son mari, de son feu mari si veuve.
Puis après un long passage disant souvent « bien que malade
de son parfait entendement et de bonne mémoire , sachant qu’il
n’y a de rien de plus certain en ce monde que la mort » puis
l’imploration à Dieu de recevoir son âme en son royaume
; Suivent le lieu de l’inhumation et les modalités de dons aux
pauvres de la paroisse.
Seulement après on trouve ceci ; « Item a légué
par légitime droit à un tel son fils, ou une telle sa fille
» et il faut attendre un autre Item pour voir apparaitre le nom
d’un autre héritier, fils, fille, époux, épouse
ou autre.
Pour ces legs il peut y avoir cinq ou six Item et même plus suivant
la grandeur de la famille. Après un autre item vient le legs de cinq
sols à tous les parents et amis et ensuite seulement apparait la phrase
suivante, formulée à peu près ainsi : « A cette
cause le dit testateur en tous et chacun de ses biens présents et advenir,
a fait et institué de sa propre bouche, nommé son héritier
Universel et général à savoir » ; un tel,
soit son fils (souvent l’ainé)soit sa fille, soit sa femme bien
aimée . Ensuite, en cas de décès de l’héritier
universel souvent est mentionné le nom de celui qui partagera les différents
legs.
Comme quoi un simple testament peut comprendre cinq ou six pages à
lire entièrement.
Les actes divers : Dans ceux-ci
on trouve beaucoup d’actes non filiatifs comme les ventes, les arrentements,
les lods, les reconnaissances de dette, mais parfois dans ces actes apparait
la mention d’un père, d’une épouse.
D’autres sont filiatifs comme les reconnaissances de dots avec le nom
du père ou de la mère, parfois des deux qui dotent leurs enfants.
Mais trop souvent ils sont transcrits chez le notaire qui a déjà
fait le contrat de mariage, donc double emploi. Les transactions et accords
sont parfois intéressants quand ils remontent sur la parenté
entre les deux parties. Mais pour retrouver ces liens dont on trouve une partie
sur une page et le reste quatre pages plus loin, ce n’est pas évident,
il faut recoller les morceaux. Aussi la lecture et surtout la compréhension
d’un tel acte peut prendre un bon bout de temps, à condition
que ce soit lisible !
Un registre de notaire annuel normalement écrit du début
du 17° demande à son auteur un minimum de deux jours d’informatisation.
(1)
Voilà pourquoi j’ai écrit cela, moi un modeste releveur
bénévole : Afin que les personnes qui étudieront ces
travaux, connaissent bien la difficulté à mener une telle œuvre.
Tout a été dit, bonne lecture à tous
Coumbet Darfio
(1) Mon travail sur Meyrueis comprend plus de 135 registres de notaire !
| Les Relevés |
| le Vigan Contrat de mariage XVIeme (M° BARRAL) |
| le Vigan Contrat de mariage XVIIeme (trié par homme); |
| le Vigan Contrat de mariage XVIIIeme (trié par homme); |
| Le Vigan Testament |
| Meyrueis Contrat de mariage |
| Meyrueis Reconnaissance de dot |
| Meyrueis Divers |
| Meyrueis Testament |